Un ami qui vous veut du bien.
Plus de sensations, ni le froid ni le chaud. Indifférente au soleil, à la nuit, au jour qui se lève, au crépuscule. Plus de désirs ni de joie à attendre. De goût pour rien. Pour me sentir plus proche encore, ne pas jouir de plaisirs qui ne sont plus les tiens. Ne plus parler, ne plus dire. Un mot, un souffle peuvent te blesser. Rester immobile, emmurée vivante de mon propre corps. Je ne suis qu'une absence à moi-même.
(...) votre corps repose sous cette dalle. Je dois l'entendre je dois le dire: vous etes morts. Vous etes morts... Ces mots m'envahissent. Je sais maintenant que vous avez disparu et , pourtant, je veux esperer qu'au détour d'un chemin, je vous verrai enfin, vous prendrai la main, si loin...
La passion est ce qui nous fait vivre, moi ici et vous, là bas. C'est par la force de la pensée que les images ne meurent pas; c'est dans la mémoire qu'habitent nos deux ames. Je pense a votre regard, semblable et différent; à vos yeux de fièvre, de pudeur et de nuit. Votre voix s'est tue. Elle ne s'adresse plus aux vivants, mais il suffit de penser a vous pour l'entendre. Ma gorge est nouée. L'eau qui tombe a mes larmes se mele.
Nathalie Reims, L'un pour l'autre.
- Shiawase
- 17:13
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